- À la télé
- Lundi 19 octobre à 21h10, France 3
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En 1964, aucun laser n'était encore apparu dans un film. Celui qui menace de couper James Bond en deux dans "Goldfinger" n'en est d'ailleurs pas un : le vrai rayon ne se voyait pas sur la pellicule, alors un accessoiriste l'a imité avec un chalumeau.
Les services secrets britanniques demandent à James Bond (Sean Connery) de garder un œil sur Auric Goldfinger (Gert Fröbe), un milliardaire qui ne vit que pour l'or. Le premier contact a lieu au bord de la piscine d'un grand hôtel de Miami Beach, autour d'une partie de cartes truquée. Puis la surveillance tourne mal. De Londres à la Suisse, l'espion suit ses lingots par-dessus les frontières, jusqu'à l'opération que le milliardaire prépare en secret.
Pour la réserve d'or de Fort Knox, le décorateur Ken Adam obtient le droit de la survoler, et il travaille ensuite d'après des photos. Il en bâtit l'extérieur grandeur nature, avec une allée de béton d'un kilomètre et demi. À l'intérieur, les faux lingots s'empilent sur treize mètres de haut : dans la vraie réserve, leur poids rendrait une telle pile impossible, mais à l'écran, l'or doit en imposer.
Sean Connery tient à son personnage. Quand un second scénariste retouche le texte, l'acteur n'aime pas ces changements, et le premier auteur revient. Pour le rôle du milliardaire, les producteurs pensent d'abord à Orson Welles, mais ses exigences sont trop élevées. Le rôle revient finalement à l'Allemand Gert Fröbe. Quant à la pilote de l'avion privé de Goldfinger (Honor Blackman), elle arrive tout droit de la série Chapeau melon et bottes de cuir, où elle était déjà l'une des héroïnes.
Le film change sans cesse de cadre : un palace de Floride, un golf anglais, les virages d'un col suisse, puis le haras du milliardaire dans le Kentucky. Dès le générique, la voix de Shirley Bassey chante son nom sur une musique de John Barry. L'or brille partout.
À l'avant-première de "Goldfinger", à Londres, la foule est si nombreuse que des vitres du cinéma volent en éclats. En salles, "Goldfinger" rembourse ensuite en deux semaines les trois millions de dollars qu'il a coûtés, un démarrage qui lui vaut une place dans le Guinness des records. Son scénario pose bien des habitudes que les James Bond suivants vont garder.






