- À la télé
- Lundi 2 novembre à 21h10, France 3
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Deux soldats, un ordre écrit sur une feuille et une seule journée pour le remettre. "1917" tient tout entier dans cette course, et la caméra reste collée aux deux garçons du premier pas au dernier.
Au printemps 1917, sur le front français, l'armée allemande vient de reculer. Un régiment britannique s'apprête à la poursuivre, mais les avions de reconnaissance ont compris la ruse : l'ennemi l'attend, bien retranché, un peu plus loin. Comme le téléphone ne passe plus, un général (Colin Firth) envoie deux jeunes caporaux porter à pied l'ordre d'annuler l'attaque. Le frère de l'un d'eux sert justement dans ce régiment.
Le récit vient des histoires qu'Alfred Mendes racontait à son petit-fils, le réalisateur de Skyfall, sur ses années de messager dans l'armée britannique. Avec "1917", Sam Mendes écrit pour la première fois le scénario d'un de ses films. Le chef opérateur Roger Deakins et lui cherchent l'illusion d'un seul plan : en réalité, de longues prises raccordées sans qu'on voie la coupure, dont la plus longue approche les neuf minutes. Chaque scène demande entre quinze et quarante prises. Pour la traversée d'un village en ruine, de nuit, sous les fusées éclairantes, l'équipe construit d'abord une maquette pour étudier le mouvement des ombres.
Les deux caporaux sont confiés à de jeunes acteurs britanniques que le grand public connaît encore peu. Tom Holland, l'acteur de Spider-Man, avait été approché pour un rôle. Autour du duo, des visages familiers ne restent que le temps de quelques scènes : un capitaine (Mark Strong) fait monter l'un des messagers dans un camion, et un colonel (Benedict Cumberbatch) commande le régiment qu'il faut atteindre.
On avance avec eux dans la boue des tranchées, puis à travers une ferme abandonnée où un avion s'écrase en flammes. Le spectateur n'en sait jamais plus que les soldats sur ce qui les attend derrière le prochain talus. Le film ne coupe vraiment qu'une fois, quand l'un d'eux perd connaissance, et l'après-midi bascule alors dans une nuit hallucinée.
Aux Oscars 2020, "1917" remporte trois statuettes : les effets visuels, le mixage du son et la photographie de Roger Deakins. Le film se clôt sur une dédicace au caporal Alfred Mendes, « qui nous a raconté les histoires ».






