5 films à voir à la télé cette semaine
du 23 au 29 mars 2026
Dallas Buyers Club
Drame biographique
De Jean-Marc Vallée
Avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner et Jared Leto
Note IMDB : 7.9/10
Texas en 1985. Un électricien bourru, amateur de rodéos et de whisky, apprend qu'il est séropositif et qu'il lui reste trente jours à vivre. Il en vivra encore deux mille cinq cents de plus.
Ron Woodroof (Matthew McConaughey) refuse de mourir selon le calendrier des médecins. Exclu des essais cliniques officiels, il traverse la frontière mexicaine, remonte des filières clandestines jusqu'au Japon et au Mexique, et finit par créer un réseau de distribution de médicaments non homologués pour les malades du sida que le système américain abandonne. "Dallas Buyers Club" raconte cette histoire vraie avec une économie de moyens qui force le respect.
Le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Big Little Lies) tourne caméra à l'épaule, lumière naturelle, montage nerveux. Rien de propre, rien de lisse — exactement ce que le sujet exige. Le budget était serré, le tournage éclair. Et pourtant chaque scène respire.
Matthew McConaughey (Interstellar) a perdu vingt kilos pour le rôle. Ce chiffre circule souvent, mais ce qui frappe à l'écran, c'est autre chose : la façon dont il marche, dont il mange, dont il regarde les gens avec ce mélange d'arrogance et de peur à peine contenue. À ses côtés, Jared Leto (Requiem for a Dream, Blade Runner 2049) incarne Rayon, personnage transgenre, avec une douceur qui n'a rien de forcé. Leur duo improbable constitue le vrai moteur du film.
"Dallas Buyers Club" n'est pas un film sur la maladie. C'est un film sur la volonté, sur l'obstination, en fait sur la puissance de l'esprit humain. On suit un homme qui déteste ce qu'il devient — quelqu'un qui se bat pour les autres — et qui le fait quand même. Cette tension-là, jamais résolue, donne au film son énergie particulière.
Sorti en 2013, "Dallas Buyers Club" repart des Oscars avec deux statuettes d'interprétation. Mais ce qui reste, au-delà des récompenses, c'est la chronique d'une période de l'histoire récente où des malades ont dû se battre contre leur propre gouvernement pour avoir accès à des soins. Et oui, "Dallas Buyers Club" n'a pas vieilli d'un jour.
Terminator 2 : Le Jugement Dernier
Science-fiction et action
De James Cameron
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton et Robert Patrick
Note IMDB : 8.6/10
Un film de 1991 qui tient encore mieux la route que beaucoup de blockbusters récents. Ce n'est pas rien. Voila "Terminator 2 : Le Jugement Dernier"
L'histoire repart là où le premier Terminator s'arrêtait : le futur envoie à nouveau un robot dans le passé pour tuer John Connor, futur chef de la résistance humaine. Mais cette fois, les cartes sont redistribuées. Le T-800, incarné par Arnold Schwarzenegger, protège l'enfant au lieu de le traquer. Et l'ennemi est autrement plus redoutable — un androïde de métal liquide capable de prendre n'importe quelle forme.
James Cameron avait déjà tout compris à l'action en 1984. En 1991, avec "Terminator 2 : Le Jugement Dernier", le réalisateur américain pousse les effets numériques dans des territoires inexplorés. Les transformations du T-1000 ont nécessité des années de développement et restent, à certains égards, plus convaincantes que des effets produits trente ans plus tard. D'ailleurs le film coûte cent millions de dollars — une somme folle pour l'époque — et chaque dollar se voit à l'écran.
Schwarzenegger, dans un rôle sans nuance apparente, parvient même à être touchant, quelquefois ! Sa relation avec le jeune John Connor — un Edward Furlong électrique, à la fois insolent et perdu — donne au film une dimension affective inattendue. Linda Hamilton, elle, s'est transformée physiquement et psychologiquement : Sarah Connor n'est plus la jeune femme effrayée du premier film, c'est maintenant une combattante au bord de la rupture.
Le rythme ne faiblit jamais, "Terminator 2 : Le Jugement Dernier" n'est pas qu'une machine à adrénaline. Il porte un vrai message sur la détermination, sur la possibilité de changer un futur déjà écrit. Cette ambition, rare dans le genre, explique sa longévité.
Plus de trente ans après sa sortie, "Terminator 2" reste une référence absolue du cinéma de science-fiction populaire.
Snowpiercer : le Transperceneige
Science-fiction et drame
De Bong Joon-ho
Avec Chris Evans et Tilda Swinton
Note IMDB : 7.1/10
Un train qui fait le tour de la Terre en boucle, il est le seul endroit habitable sur une planète gelée. Et à l'intérieur, toute l'inégalité du monde reproduite wagon par wagon.
Dans "Snowpiercer : le Transperceneige", les plus pauvres survivent à l'arrière du convoi, entassés, nourris de barres protéinées dont il vaut mieux ne pas chercher la composition. À l'avant, les privilégiés vivent dans le confort et l'abondance. Curtis, joué par Chris Evans, décide de mener une rébellion vers la tête du train. Chaque wagon traversé est un nouveau monde, une nouvelle épreuve.
Bong Joon-ho adapte ici la bande dessinée française "Le Transperceneige" de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette. Il y impose son empreinte visuelle immédiatement reconnaissable. Chaque décor raconte une classe sociale, une idéologie. La photographie de Hong Kyung-pyo joue sur les contrastes entre la crasse de l'arrière et la lumière blanche, presque chirurgicale, des wagons de tête. La mise en scène utilise la contrainte du train — espace linéaire et fermé, progression forcée — comme un dispositif implacable dans le drame du film.
Tilda Swinton compose un personnage de bureaucrate grotesque et sinistre qui concentre à elle seule toute l'absurdité du système. Chris Evans, à contre-emploi de ses rôles habituels, tient le film avec une sobriété qui surprend. Et Song Kang-ho, fidèle collaborateur de Bong Joon-ho, apporte une ambiguïté précieuse à chacune de ses apparitions.
"Snowpiercer : le Transperceneige" n'est pas un film subtil dans son propos — la métaphore sociale est frontale et assumée. Ce qui le rend intéressant, c'est l'inventivité avec laquelle il la déploie, et la noirceur de sa conclusion, qui ne cherche aucune consolation facile.
Produit en 2013, "Snowpiercer" marque une étape marquante dans la carrière internationale de Bong Joon-ho, six ans avant "Parasite". Pour qui veut comprendre ce cinéaste talentueux, ce film est un passage presque obligé.
L'Homme du Train
Drame
De Patrice Leconte
Avec Jean Rochefort et Johnny Hallyday
Note IMDB : 7.2/10
Deux hommes se croisent par hasard dans une petite ville. L'un est professeur de lettres à la retraite, l'autre est un truand de passage. Ils n'ont rien en commun, et pourtant quelque chose les retient l'un à l'autre.
Dans "L'Homme du Train", Manesquier (Jean Rochefort) accueille Milan (Johnny) chez lui — d'abord pour dépanner, puis sans raison très claire, pour y rester un peu. Entre ces deux solitaires s'installe une amitié silencieuse, faite d'observations mutuelles et d'une fascination réciproque. Chacun voit dans l'autre la vie qu'il n'a pas vécue. Le film se déroule sur quelques jours, sans coup d'éclat, avec une attention constante aux gestes, aux silences, aux petits riens qui disent tout.
Patrice Leconte filme cette rencontre avec une sobriété élégante. Pas d'esbroufe, pas de grand style — juste une caméra qui observe, qui laisse respirer. La lumière d'automne, les rues désertes de cette ville de province, les intérieurs bourgeois légèrement défraîchis : tout concourt à créer une atmosphère de mélancolie douce.
Le pari du film repose entièrement sur ses deux acteurs. Jean Rochefort, avec sa diction précise et ses yeux qui sourient avant le reste du visage, incarne Manesquier avec une finesse confondante. Johnny Hallyday, lui, fait le contraire : il retient tout, parle peu, laisse le corps exprimer ce que les mots taisent. Cette économie de jeu, inhabituelle pour lui, est une vraie surprise, n'est ce pas ? Leur alchimie à l'écran est authentique, palpable, et c'est elle qui porte "L'Homme du Train" du début à la fin.
Le film ne cherche pas à expliquer ni à conclure proprement. Dans le style caractéristique des films français, Leconte préfère laisser ouverte la question de ce que ces deux gars auraient pu être si la vie avait pris une autre direction.
Sorti en 2002, "L'Homme du Train" n'a pas fait grand bruit dans les salles de cinéma au moment de sa sortie, mais il a quand même trouvé son public au fil du temps et du bouche à oreille. Il reste l'un des films français les plus touchants sur l'amitié et les regrets, tout en tranquillité.
La Vie Est Belle
Comédie et drame
De Roberto Benigni
Avec Roberto Benigni, Nicoletta Braschi et Giorgio Cantarini
Note IMDB : 8.6/10
Raconter l'horreur des camps de concentration nazi à travers les yeux d'un père qui invente des histoires pour protéger son fils. L'idée paraît impossible. Roberto Benigni la rend nécessaire.
Guido est un homme joyeux, inventif, follement amoureux de la vie et d'une femme qu'il finit par épouser. Puis la guerre arrive, les lois raciales s'appliquent. Lui et son fils Giosué se retrouvent déportés. Pour tenir l'enfant à l'écart de la dure réalité du camp, Guido lui explique que tout cela est un jeu, que les points s'accumulent, que le grand prix est un char d'assaut, un vrai, pas un jouet. Dans "La Vie Est Belle", le mensonge devient un acte d'amour absolu.
Le film se divise en deux parties nettes : une première partie légère, presque burlesque, dans l'Italie des années trente, et une seconde qui bascule dans la noirceur sans jamais perdre le fil de la tendresse. Benigni avec la casquette de réalisateur maîtrise cette bascule avec un soin remarquable — la comédie ne disparaît pas, elle se transforme, elle devient protection.
Avec la casquette de l'acteur, Roberto Benigni joue lui-même Guido, et cette décision était la seule possible. Il apporte au personnage une énergie physique, une expressivité totale qui rappelle parfois les grands comiques du muet. Nicoletta Braschi, dans le rôle de Dora sa femme, donne au film son ancrage émotionnel : c'est par son regard que l'on mesure ce que le courage de Guido coûte vraiment. Le petit Giorgio Cantarini, qui joue Giosué, est d'une justesse rare pour un enfant de cinq ans.
"La Vie Est Belle" ne cherche pas à documenter — d'autres films s'en chargent mieux. Il cherche à dire quelque chose sur la façon dont on peut résister, intérieurement, à ce qui cherche à détruire.
Sorti en 1997, il remporte trois Oscars dont celui du meilleur film en langue étrangère. Près de trente ans plus tard, "La Vie Est Belle" continue de circuler, de se transmettre, de toucher des gens qui ne l'attendaient pas. Plus que jamais.
