- Genre
- Comédie
- Réalisateur
- Francis Veber
- Acteurs
- Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Daniel Prévost et Francis Huster
- À la télé
- Mercredi 11 mars à 21.25, TMC
- La fiche du film
- Le Dîner de Cons : résumé, où le voir, à vous de jouer →
Sorti en 1998, "Le Dîner de Cons" de Francis Veber est l'adaptation de sa propre pièce créée au théâtre des Variétés à Paris en 1993. Pierre Brochant, éditeur parisien cynique incarné par Thierry Lhermitte, participe chaque mercredi à un dîner entre amis où chacun doit amener "le con le plus spectaculaire". Sa trouvaille du soir : François Pignon, comptable au ministère des Finances, passionné de maquettes en allumettes. Mais une lombalgie cloue Brochant chez lui, et c'est dans son appartement que Pignon, ce "génie de la catastrophe", va méthodiquement démolir la vie de Brochant en une seule soirée.
Francis Veber sait comment adapter une pièce de théâtre en vrai film de cinéma : sans quitter le huis clos de l'appartement, il insuffle rythme et panache à la mise en scène, laissant les dialogues percutants faire tout le travail. Le lieu, qui aurait pu alourdir le film, devient au contraire un ressort comique implacable. Francis Veber sait aussi y faire pour faire rire les spectateurs. On lui doit La Chèvre, Le Placard, Les Fugitifs et beaucoup d'autres comédies à la française.
Chaque nouveau personnage qui frappe à la porte de l'appartement amplifie le désastre de la vie de Brochant ! Francis Veber a d'ailleurs reçu le César du meilleur scénario pour cette adaptation du "Dîner de Cons".
Jacques Villeret, qui avait déjà joué le rôle six cents fois sur scène, sidère dès les essais un Francis Veber qui le compare à Raimu. Sa performance est totale : naïf, touchant, dévastateur, il tire chaque gag jusqu'à l'os tout en donnant à Pignon une humanité désarmante. Cela lui vaudra le César du meilleur acteur en 1999.
Thierry Lhermitte endure un tournage exigeant sous la direction quasi obsessionnelle de Veber. Il confiera avoir "beaucoup souffert" pour livrer exactement le sens voulu par le réalisateur, jamais une inflexion de trop.
Daniel Prévost, en inspecteur des impôts retors, complète ce trio de choc avec un César du meilleur second rôle à la clé.
L'ambiance du film oscille entre la méchanceté froide du stratagème initial — se moquer d'un innocent — et la tendresse inattendue qui se dégage de Pignon. Cette tension morale est le vrai moteur émotionnel du film : on rit, mais rarement sans un léger malaise, car c'est finalement Brochant, l'homme soit-disant "intelligent", qui est le vrai con de l'histoire.
Avec près de 9 millions d'entrées en salles, "Le Dîner de Cons" s'est imposé comme l'un des plus grands succès du cinéma français. Vingt-cinq ans après, ses répliques sont citées de génération en génération, et le film continue de cueillir de nouveaux spectateurs à chaque rediffusion télévisée. Un monument de comédie à la mécanique implacable.

