Il était une Fois en Amérique
- Genre
- Drame
- Réalisateur
- Sergio Leone
- Acteurs
- Robert De Niro
- À la télé
- Lundi 8 juin à 20.55, Arte
Un homme regarde par un judas, et trente-cinq ans s'effondrent en une seconde. Voilà comment s'ouvre le dernier film de Sergio Leone.
"Il était une fois en Amérique" suit Noodles, petit gangster juif du Lower East Side, depuis son enfance dans les rues de New York jusqu'à un retour douloureux des décennies plus tard. Leone a tiré son récit des mémoires d'un vrai truand, Harry Grey, qui avait écrit sa vie depuis la prison de Sing Sing. Le cinéaste a rêvé de cette adaptation pendant plus de dix ans avant de pouvoir la tourner.
Le tournage a duré près de huit mois, de juin 1982 au printemps 1983, entre New York, Montréal, Miami, Paris et Venise, avec les studios de Cinecittà à Rome. Le budget a dépassé les trente millions de dollars prévus. Ennio Morricone, complice de Leone depuis Pour une poignée de dollars, avait composé une partie de la musique des années avant le début des prises de vue.
Robert De Niro incarne Noodles avec une retenue qui dit tout sans rien expliquer. Face à lui, James Woods donne à Max une énergie trouble, et les deux acteurs se heurtèrent souvent sur le plateau. Leone avait auditionné plus de deux cents comédiens pour ce seul rôle, et pensé d'abord à Steve McQueen pour Noodles, avant la mort de l'acteur.
Tout, dans "Il était une fois en Amérique", joue sur le temps qui passe et la mémoire qui ment. Les visages en gros plan, les silences, la musique qui revient comme un souvenir : on ne regarde pas ce film, on s'y enfonce.
La Warner imposa des coupes sévères à sa sortie américaine, ramenant le récit à une chronologie sage et mutilée. La version longue, présentée à Cannes en 1984, reste la seule fidèle à la vision de Leone. "Il était une fois en Amérique" referme une œuvre de sept films par une fresque sur l'amitié, la trahison et le regret.

