Le Passé
- Genre
- Drame
- Réalisateur
- Asghar Farhadi
- Acteurs
- Bérénice Bejo, Ali Mosaffa et Tahar Rahim
- À la télé
- Jeudi 4 juin à 21.00, France 4
Ahmad (Ali Mosaffa ) débarque à Paris après quatre ans d'absence pour finaliser son divorce avec Marie (Bérénice Bejo). Dès les premières scènes de « Le Passé », quelque chose de lourd flotte dans cet appartement — une nouvelle vie, un autre homme, des enfants qui ne savent plus très bien où poser les yeux. Farhadi pose tout ça sans explication et laisse le malaise s'installer.
Le cinéaste iranien, auteur de « Une séparation » (Ours d'or à Berlin, Oscar du meilleur film étranger), tourne ici son premier film en français — une langue qu'il ne parle pas. Il a dirigé ses acteurs via un interprète tout au long de trois mois de répétitions, en faisant jouer des scènes entières qui n'apparaissent pas dans le film. Ce travail se lit dans chaque plan.
Bérénice Bejo, révélée dans « The Artist », livre ici une tout autre partition : Marie est épuisée, contradictoire, aimante et blessante tour à tour. Ali Mosaffa compose Ahmad avec une retenue qui dit beaucoup — un homme venu clore une histoire et rattrapé par une autre. Tahar Rahim, en Samir, porte une culpabilité silencieuse qui traverse le film de bout en bout.
« Le Passé » installe une atmosphère de maison en désordre — des cartons de déménagement encore debout, des pièces qui n'appartiennent déjà plus à personne. C'est une histoire de secrets remontés à la surface, d'enfants coincés entre des adultes qui s'aiment encore trop ou plus assez. La chaleur des non-dits y est étouffante.
Présenté à Cannes en 2013, où Bérénice Bejo a remporté le Prix d'interprétation féminine, « Le Passé » confirme que Farhadi est l'un des rares cinéastes à filmer les ruptures comme des enquêtes : chaque révélation déplace la culpabilité, et le jugement ne cesse de vaciller.

