Améliorer la connaissance du client
Si elle prend
la peine de recueillir les informations à sa portée, l'entreprise
sera en mesure, par exemple, de connaître la réaction des
visiteurs face aux contenus proposés, ou de savoir quels bandeaux
publicitaires sont les plus efficaces. Il faut pour cela étudier
la fréquentation du site.
L'étude
de la fréquentation du site
Une des premières
choses à laquelle on songe, après avoir ouvert un site Web,
concerne le trafic généré par le site. Très
souvent, les entreprises ont recours à un compteur, placé
sur la première page du site. Le problème, c'est qu'en plus
de ne pas forcément être représentatif, il indique
aux visiteurs que l'entreprise ne dispose pas de moyens plus évolués
pour évaluer le trafic. De surcroît, si le nombre affiché
est peu élevé, il présente aux internautes l'impopularité
du site. Or, le réflexe du cyberconsommateur sera d'attendre que
d'autres tentent l'expérience avant lui. Un nombre très
élevé, quant à lui, pourrait paraître suspect.
Cela dit, "le compteur n'est pas à proscrire complètement.
On peut le considérer comme un indicateur, bien qu'imprécis,
de la circulation sur un site. Si vous en installez un, masquez-le afin
d'être le seul à le voir" ("Markenet", décembre
1997). On ne peut bien évidemment pas se contenter de recourir
à un compteur. Ce serait presque comme ne rien faire.
Chaque site
enregistrant tout ce qui s'y passe, les responsables marketing ont, pour
la première fois, l'opportunité de recueillir des données
qui décrivent de façon exacte le comportement des consommateurs.
En effet, chaque action effectuée entre un "navigateur"
et le serveur est enregistrée dans un fichier spécifique
: le "log file". Ces fichiers contiennent une mémoire
détaillée de tout ce qui se passe sur un site. Cependant,
le nombre de "hit" (qui composent le "log file") ne
permet pas de savoir combien de personnes ont visité le site ou
combien de pages ont été chargées. Il convient, grâce
à des technologies développées à cet effet,
d'extraire d'un "log file" les informations présentant
une utilité pour les responsables marketing.
Il est donc
important de se doter de fonctions statistiques, qui permettront de mieux
se renseigner sur les allées et venues des visiteurs. Par exemple,
il est possible d'obtenir la liste quotidienne des visites, le rapport
des ventes, les statistiques par requête (par page et par élément),
les statistiques globales (visites totales, moyenne de visites par jour),
etc.
L'étude
de ces statistiques permettra notamment de savoir qui visite le site,
quelles sont les pages les plus populaires, avec quels navigateurs optimiser
les pages, quels sont les moteurs de recherche les plus utiles pour l'entreprise,
quels bandeaux publicitaires attirent le plus de visiteurs, etc.
Ainsi, il
est possible d'obtenir le parcours effectué par chaque visiteur,
ce qui permet de tirer des conclusions très importantes. Par exemple,
savoir combien de fois les visiteurs du site demandent certaines pages
en particulier aidera l'entreprise à savoir ce qui les intéresse
et donc à déterminer les contenus susceptibles de présenter
le plus d'intérêt pour les clients potentiels. Elle pourra
étoffer certains contenus et en abandonner d'autres, en fonction
de l'intérêt suscité.
Bien que
de nombreuses informations soient disponibles à travers l'exploitation
des "log file", il est nécessaire de les compléter
avec les données relatives aux caractéristiques mêmes
des visiteurs. En d'autres termes, on sait combien ils sont, combien de
temps ils passent sur le site, dans quelles parties du site... mais on
ne connaît pas leur âge, leur profession, etc.
Pour obtenir
davantage d'informations, il est possible d'utiliser des cookies ou de
demander au visiteur d'enregistrer son "profil personnel". Cela
requiert toutefois beaucoup de prudence. Les prospects doivent accepter
d'être "épiés", et la demande d'informations
personnelles ne doit pas les faire fuir. Améliorer la connaissance
du client pose avant tout une question d'éthique.
Un autre
moyen de recueillir des informations est de sonder les internautes. Cela
peut aussi bien servir à mieux connaître les caractéristiques
des visiteurs qu'à déterminer leur niveau de satisfaction.
L'étude de ce dernier aidera également l'entreprise à
procéder aux bons ajustements.
L'étude
du niveau de satisfaction
Le Web donne
à l'entreprise l'occasion de repenser le processus du sondage.
Celui-ci peut prendre toutes sortes de formes. L'énorme avantage
est que l'on peut sonder l'internaute sans l'ennuyer. "Etant le niveau
d'interactivité possible dans le Web, vous pouvez concevoir des
sondages qui ne ressemblent en rien à leurs ancêtres sur
papier" (Sterne, 1996). Voilà un bon moyen d'évaluer,
entre autres, le niveau de satisfaction des consommateurs.
Les commentaires
reçus aideront également l'entreprise à améliorer
l'offre et les contenus proposés. Notons que la participation des
clients, si elle permet de progresser, indique dans le même temps
leur attachement au site. Le niveau d'interactivité généré
par le site est le reflet de l'état de la relation.
L'entreprise
doit exploiter toutes les informations qu'elle est en mesure de se procurer.
Les ajustements qu'elle sera amenée à effectuer devront
notamment affirmer son positionnement. C'est pourquoi la position définie,
c'est-à-dire l'image que les clients potentiels se font de l'entreprise,
doit être étudiée.
L'étude
de la position définie
L'entreprise
doit chercher à savoir comment elle est perçue par ses clients.
Plus précisément, elle doit évaluer l'écart
entre la définition de positionnement et la position définie.
Cette étude
est importante, car elle va influencer les résultats des diverses
stratégies, qui à leur tour vont avoir un impact sur le
positionnement.
Les décisions
prises par l'entreprise devront logiquement favoriser l'affirmation du
positionnement. Mais si l'écart entre l'image que l'entreprise
souhaite communiquer et la perception des clients est très important,
il est préférable d'essayer de tirer profit de cette image,
plutôt que de chercher à réduire l'écart.
Notons que
c'est justement l'un des rôles de la planification que de minimiser
cet écart, en assurant la cohérence des stratégies
mises en oeuvre. Leur efficacité dépend ensuite en grande
partie de la stratégie de fine tuning (ajustement progressif).
Car sur Internet, encore plus qu'ailleurs, la dynamicité est une
règle d'or. L'amélioration de la connaissance du client
rend l'entreprise capable de procéder aux bons ajustements.
Au sujet de l'auteur
Antoine Moretto
est le webmaster du site Atout
Webmarketing, où il partage son expérience du marketing
en ligne. Certains articles sont extraits de sa thèse sur le marketing
appliqué au commerce électronique.
Activité professionnelle: développeur
web indépendant